Les valises de Matongé /
for
ROSSICONTEMPORARY gallery
by Jean-François D'Or

ARTWORK /

Les valises de Matongé / Matongé suitcases.

Jean-François D'Or, 2023.


MATERIAL /

Handle, Kanekalon hair, nylon. 


DIMENSION /

66 x 26 x 10 cm.

GALLERY /

ROSSICONTEMPORARY Gallery, Brussels.




HOW TO BUY /

Contact us to get price / Available / Disponible.


FR

"Un jour sombre et pluvieux de novembre, je battais les flaques des pavés déchaussés de Matongé. Je trébuchai alors sur un petit objet noir que je m’empressai de ramasser: une poignée de valise en plastique, rongée d’avoir trop traîné dans le caniveau. Je l’adoptai et continuai mon chemin. Je parcourus une distance incommensurable avant de m’apercevoir que je portais une valise sans valise. Perte de repère, le vide suspendu à une poignée, énigmatique voyage. J’oubliai cet objet et le laissai dormir dans le lot de mes trouvailles quotidiennes. Deux ou trois ans plus tard, je remis la main dessus, le soulevai, le portai. J’ai une mémoire très précise du brol accumulé. Me revint alors son origine et son quartier. Je filai à nouveau à Matongé, achetai deux nattes de cheveux synthétiques noirs et les nouai à cette poignée. Il est des gestes spontanés qui sont parfois lourds à porter."



EN


"One dark, rainy November day, I was pounding the puddles on the loosened cobblestones of Matongé. I then stumbled upon a small black object that I quickly picked up: a plastic suitcase handle, gnawed from having been dragged too much in the gutter. I took it and continued on my way. I traveled an immeasurable distance before realizing I was carrying a suitcase without a suitcase. A loss of landmark, emptiness suspended from a handle, an enigmatic journey. 

I forgot about this object and let it lie dormant in the pile of my daily finds. Two or three years later, I found it again, picked it up, and carried it. I have a very precise memory of the accumulated junk. Then its origin and its neighborhood came back to me. I rushed back to Matongé, bought two braids of black synthetic hair, and tied them to this handle. There are spontaneous gestures that are sometimes heavy to bear."



Les valises de Matongé / Matongé suitcases.

Jean-François D'Or, 2023.

TRUST THE ARTIST / Collective exhibition

ROSSICONTEMPORARY Gallery, Brussels.
5 July - 30 August 2025.

Rik De Boe

Johan De Wit
Vincent Everarts
Charlotte Flamand
Thomas Mazzarella
Michel Mazzoni
Jérôme Poloczek
David Quinn
Imogen Alison Reid
Marie Rosen
Rys Lavykurt
Lore Stessel
Emmanuel Tête
Frank Van Hiel
Elke Van Kerckvoorde
John Van Oers
Bert Van Rossem
Jean-François D'Or



Artworks visible on pictures: 

Johan de Wit / Bert Van Rossem / Frank Van Hiel.

Pictures © Loudordesign © Vincent Everarts © Rossicontemporary.

FR

À première vue, Les valises de Matongé se présente comme un simple objet: une poignée noire d’où s’échappent deux longues mèches de cheveux, suspendues comme un vestige de mouvement. Se détachant du mur pour mieux en révéler la matérialité et l’ambiguïté, la pièce semble flotter dans l’espace, à mi-chemin entre l’objet du quotidien et l’artefact chargé de mémoire. Derrière cette apparente simplicité, l’œuvre condense une charge symbolique dense qui appelle une lecture plurielle.

La composition, dotée d’une qualité sculpturale presque votive, vacille entre fonctionnalité et poésie. La poignée, élément manufacturé et utilitaire par excellence, suggère le déplacement, la mobilité, le voyage. Associée aux cheveux, matière profondément intime et identitaire, elle devient un vecteur de mémoire. Les cheveux, tombant en cascade, évoquent la fragilité, la perte et l’attachement. Ils incarnent à la fois la continuité (les racines, les origines) et la rupture (la coupe, l’arrachement). Cette tension entre le banal (la poignée) et le sensible (les cheveux) ouvre une réflexion sur ce que l’on transporte et ce qui demeure lorsqu’on se déplace.

Création aux résonances culturelles et politiques, le titre Les valises de Matongé enracine la pièce dans un territoire précis : Matongé, quartier de Bruxelles emblématique de la diaspora africaine et des histoires de migration. La valise devient ici un symbole de l’exil, du déracinement, mais aussi de la richesse des échanges culturels. Les cheveux synthétiques, souvent associés aux tresses et perruques afro, soulignent cette dimension diasporique. Ils matérialisent des identités portées, recréées, parfois assignées, dans des contextes de mobilité et d’adaptation.
Formellement, l’œuvre joue sur une esthétique de la verticalité et de la précarité. Les mèches semblent à la fois ancrées et sur le point de glisser, accentuant une sensation d’instabilité. Cette fragilité visuelle traduit les expériences vécues dans la migration : l’incertitude, la nécessité de s’accrocher à des fragments de soi, de culture, d’histoire.

Avec Les valises de Matongé, Jean-François D’Or parvient à condenser, dans un geste minimaliste mais puissant, une réflexion sur l’identité, l’exil et la mémoire. La composition, à la fois silencieuse et éloquente, convoque des récits intimes et collectifs, et invite le spectateur à considérer les traces invisibles que l’on transporte avec soi.



EN


At first glance, Les valises de Matongé presents itself as a simple object: a black handle from which two long locks of hair spill out, suspended like a lingering trace of movement. Detaching itself from the wall in order to reveal both its materiality and its ambiguity, the piece seems to float in space, halfway between an everyday object and an artifact charged with memory.

Beneath this apparent simplicity, the work condenses a dense symbolic weight that calls for multiple readings.

Endowed with an almost votive sculptural quality, the piece wavers between functionality and poetry. The handle, quintessentially manufactured and utilitarian, suggests displacement, mobility, travel. Coupled with hair, a substance profoundly intimate and bound to identity, it becomes a vessel of memory. The cascading strands evoke fragility, loss, and attachment. They embody both continuity (roots, origins) and rupture (the cut, the tearing away). This tension between the banal (the handle) and the sensitive (the hair) opens a reflection on what we carry with us, and what remains when we move.

A work resonant with cultural and political echoes, the title Les valises de Matongé roots the piece in a specific territory: Matongé, a Brussels neighborhood emblematic of the African diaspora and of migration histories. The suitcase becomes here a symbol of exile, of uprooting, but also of the richness of cultural exchange. The synthetic hair—often associated with Afro braids and wigs—underscores this diasporic dimension. It materializes identities carried, reinvented, sometimes imposed, within contexts of mobility and adaptation.

Formally, the work plays with an aesthetic of verticality and precarity. The strands seem at once anchored and on the verge of slipping away, heightening a sense of instability. This visual fragility reflects lived experiences of migration: uncertainty, the necessity of holding on to fragments of self, of culture, of history.

With Les valises de Matongé, Jean-François D’Or succeeds in condensing, within a gesture both minimalist and powerful, a meditation on identity, exile, and memory. At once silent and eloquent, the work summons intimate and collective narratives, inviting the viewer to consider the invisible traces we carry with us.

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